Concorrentes
COLMAN Conrad
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Voiles N° : 480
Construction : 2004
Architecte : Finot Pogo
Né le : 2 Décembre 1983 - Célibataire
Nationalité : Néo Zélandaise
Profession : Navigateur
Site web : http://www.conradcolman.com
Conrad Colman, au nom du père
Il est ce qu’on peut appeler « un beau mec ». Grand, blond, sourire aux lèvres, bronzé juste ce qu’il faut, Conrad Colman ne passe pas inaperçu sur les pontons du Bassin des Chalutiers. Le Néo-Zélandais semble parfaitement bien dans ses baskets. Et pourtant, sa vie a commencé par un drame. Il raconte avec émotion.
« Mon père effectuait une croisière en solitaire au large de Singapour quand il est, sans doute, tombé à la mer. J’avais un an à peine. »
Une si douloureuse expérience aurait pu, aurait du, l’éloigner sinon de la mer, du moins de la voile. Mais, si à 15 ans il part pour les Etats-Unis afin de poursuivre ses études en économie, si durant ce laps de temps il devient un excellent vététiste, en bon néozélandais qu’il est, l’appel du large allait être le plus fort.
« J’ai suivi ces études mais je n’aime pas l’économie. Certes, ça me sert aujourd’hui pour mener mon projet à terme, mais ce que je voulais c’était naviguer. Et j’ai changé de vie.»
Après un passage en Angleterre où il travaille pour une entreprise de voiles, puis comme préparateur sur Figaro et 60 pieds, il débarque en France l’année dernière. La Classe Mini, il connait pour avoir suivi et lu les exploits de Chris Sayer son compatriote. Et Conrad (25 ans) sait ce qu’il veut : un mini.
Il achète donc, en novembre, un Pogo 2, un Plan Finot de 2004, qui a déjà deux transats sous la quille (4e en série en 2005 avec Olivier Avram et 18e avec Véronique Loisel en 2007). Il effectue sa première navigation lors de la Pornichet Sélect. Il rigole :
« Ce fut une catastrophe. Le bateau n’était pas prêt. J’ai eu des problèmes à répétition. » Il termine dans les profondeurs du classement. Colman s’en remet vite. De toute façon, il n’a pas de temps à perdre s’il veut disputer La Charente-Maritime / Bahia Transat 6,50. Il est au départ du Mini Pavois.
« La première étape fut tout aussi laborieuse que la Pornichet. La météo était compliquée. Je me suis planté. » Il est encore loin. Arrive la seconde étape. « J’avais le moral. Je m’étais penché sur la météo avec précision. Je me suis dit « tu pars à gauche. Et je suis parti à gauche toute. »
Et là, il voit que toute la flotte s’en va à droite. « Je me suis posé beaucoup de questions. Dans la tête ça bouillait. J’ai pensé : tu vas arriver après la fermeture des contrôles. Tu ne pourras pas disputer La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50. J’étais découragé. »
Puis, il entend à la VHF un classement. Il est deuxième du peloton et termine 4e au final et 12e du général. « J’étais soulagé et heureux. » Huit jours pour sa qualif dont il dit : « Elle est passée vite. Je suis certain qu’il en sera ainsi entre Funchal et Bahia. En convoyage ce serait insupportable, mais je suis un compétiteur et là, il s’agit d’une course. »
Son bateau, il le connait. Mieux que quiconque sans doute. Puisque pour s’éviter des frais, depuis janvier, il lui sert d’hôtel. « Cet hiver, il y avait de la glace à l’intérieur. Le chauffage ne fonctionne que jusqu’au milieu de la nuit. »
La chaleur de Bahia lui fera du bien. Car si Conrad Colman espère cette année « terminer dans le top dix » il sait qu’il reviendra en 2011 avant de se lancer chez les 40 pieds de faire le Tour du monde et enfin prendre le départ du Vendée Globe 2016. En pensant, à chaque fois, à ce père qu’il n’a pas connu.
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