Les concurrents
ROLLAND Pierre
D2 MARÉE HAUTE
Voiles N° : 722
Construction : 2008
Architecte : Rolland D2
Né le : 31 Août 1957 - Marié
Nationalité : Française
Profession : Architecte Naval
Site web : http://www.rolland-archi.com
Pierre Rolland, sa première en série
La Classe Mini possède, dans ses rangs, quelques personnages connus et reconnus depuis des lustres. Des hommes incontournables. Des skippers de haute levée. Des architectes dont les bateaux, petits et grands, naviguent sur quasiment toutes les mers.
Pierre Rolland (52 ans durant la transat) fait partie de cette caste à part. Combien de « ministes » ont-ils, un jour ou l’autre, couru (et courent encore) sur l’un de ses bateaux ? Une kyrielle. Mais après quatre transats (1987-89-93 son seul abandon et 2003, sa meilleure place 4e à Bahia) Pierre Rolland avait décidé d’arrêter là. Il se contenterait de dessiner, de construire, d’innover, de peaufiner, mais plus de courir les Océans : « Il y a un temps pour tout » avait-il dit après une dernière Caïpirinha.
Et pourtant, le revoilà une fois encore au départ de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50. Que s’est-il passé, ces six dernières années, pour lui redonner l’envie de la compétition ? « Je me suis lancé avec le chantier Marée Haute basé à Trégunc, sur la construction d’un mini de série de la 3e génération. Le Dingo 2. Les responsables ont su me convaincre que j’étais le mieux placé pour le tester. »
Principale innovation une carène à bouchains évolutifs. Première sortie en mer, lors des Sables–Les Açores en 2008 dans des conditions climatiques proches de l’enfer. Pierre termine 4e et 1er proto.
« Nous avons eu quatre dépressions. Or, les conditions de près me conviennent bien. Après ce galop d’essai, quand le chantier Maréé Haute m’a demandé de repartir sur une transat… je ne me suis pas trop fait prier.»
Car, une fois à terre et le Dingo 2 étant aujourd’hui classé en série (depuis le mois de juin seulement), Rolland a remis ça : « Toutes mes transats, je les ai disputées en proto. Ce sera une grande première pour moi, d’être en série. »
Si le bateau lui donne entière satisfaction : « Il est bien né, léger, marin et puissant », le bonhomme se dit tout aussi prêt, pour une nouvelle aventure qu’il veut glorieuse : « Mon challenge sera de gagner en série. Sur ce que j’ai pu voir, je crois que le plateau est plus relevé dans cette catégorie qu’en proto. Mais pour gagner en proto, il faut beaucoup trop d’argent. »
Et comme le confie Pierre « Je ne sais pas trouver les sponsors ». Il partira sans un parrain unique, mais avec pas mal de petits fournisseurs du chantier. Pour le reste Pierre Rolland sait où il va. Certes, il n’a pas traversé l’Atlantique sur cette route précise: « Mais Madère, je connais. J’y suis passé lors d’une AG2R. »
Ensuite, doubler les Canaries, les Iles du Cap Vert, franchir l’Equateur et traverser le Pot au Noir, n’ont plus de secrets pour cet expérimenté qui jette un œil un peu effrayé sur cette classe mini en pleine évolution : « Quand j’ai revendu, en 2004 mon proto d’occasion, j’en ai tiré 400.000 francs. Aujourd’hui, pour un bon bateau de série il faut compter 75.000 euros et 200.000 euros pour un proto high tech. Tout augmente, mais là… »
Et d’avouer : « En 87 lors de ma première transat il y avait peu de bateaux haute technologie. Ca coûtait trop cher. Les skippers les construisaient souvent eux-mêmes. Aujourd’hui, on voit de plus en plus de bateaux très pointus. »
Evolution des mœurs. Mais la part, due au talent du skipper reste, heureusement, toujours aussi importante. Et dans ce domaine Pierre Rolland n’a de leçons à recevoir de personne…
Objectif : La gagne.
Devise : Tout augmente mais là…
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