Les concurrents

LEMAITRE Simon

LEMAITRE Simon BUFFALO

BUFFALO

Voiles N° : 368

Construction : 2001

Architecte : Magnan Super-Calin

Né le : 3 Mars 1975 - Célibataire

Nationalité : Française

Profession : Architecte

Simon Lemaître plus serein

Cette Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50, Simon Lemaître en rêvait depuis ses 15 ans. Les murs de sa chambre étaient tapissés  de posters relatant les exploits des uns et des autres. Il en avait presque oublié les siens. Ses exploits. Et pourtant le bonhomme avait été un excellent régatier. En Finn notamment où il disputa les championnats d’Europe 2004 et manqua d’un rien une qualification pour les Jeux Olympiques d’Athènes.

Bref, son rêve, son fantasme, son désir le plus cher, c’était la Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50. Allez savoir pourquoi ? Pour cet architecte parisien, de 34 ans aujourd’hui, traverser l’Atlantique sur un bateau de 6m50, c’était le nec plus ultra. Le pied intégral.

En 2005, Simon s’offre donc son mini : « Un super calin. Pas cher, pas très performant, mais question rapport qualité -prix, ce n’était pas mauvais.  Je n’avais aucun espoir de faire un bon résultat, mais j’y allais à fond. »

Simon Lemaître se place pourtant dans les cinq de la Mini-Med (4e) puis de l’Open Demi Clé (5e). Il obtient sa qualification pour la Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 2007. Mais sans sponsor comme il le confesse : « Depuis ma première saison, je m’enfonce dans le surendettement ».

En juillet 2007, à deux mois du départ de la transat, il jette l’éponge : « Pour trois raisons essentielles. 1) Pas d’argent. 2) Je casse mon bateau durant la Transgascogne. 3) J’ai eu une proposition de travail. »

Ce forfait lui reste, cependant, en travers de la gorge. Et déjà il songe à l’édition suivante. Et là, pas question de renoncer au dernier moment. Pourtant, Simon l’aborde avec un sentiment différent.

« Quand je me suis lancé dans ce projet en 2005, c’était l’âge de vivre mes rêves. J’étais célibataire, indépendant, plus libre. »

Quatre ans se sont écoulés (« C’est très long pour un tel projet »).  Il est devenu patron (« J’ai des salariés à charge ») et surtout comme il le regrette : « Certaines personnes qui ont commencé à mes côtés, ne sont plus là. »

Moins motivé, Simon ? « Le trajet me plait. La motivation est encore là, même si elle a un peu baissé. Je suis plus serein qu’il y a deux ans, mais les doutes se sont déplacés. Avant je songeais ‘’Vais-je y arriver ?’’. Maintenant, je pense ‘’Vais-je mettre du charbon quand il le faudra ? »

Oh ! bien sur, une fois en mer, Simon Lemaître retrouvera sa hargne. Sinon pourquoi partir, direz-vous ? : « Pour réaliser un rêve. Un rêve de toujours. Je veux aussi me faire plaisir. Et faire plaisir à tous les gens qui m’entourent. Tous ont donné quelque chose pour que le projet aboutisse. J’ai sacrifié un peu ma famille, mes amis. »

Afin de ne pas les décevoir, il a travaillé la météo avec Jean Yves Bernot. Depuis un an, il est entre les mains d’une diététicienne. Il a aussi un coach qui le prépare physiquement depuis près de deux ans. 

Ainsi, même si Simon ne regarde pas trop vers le haut du classement, il avoue : « Je vais y aller le plus vite possible. Après, on ne sait jamais. Si je termine dans le premier tiers, ce serait bien. »

D’autant qu’il pourrait croiser en haute mer… son père : « Il rêvait lui aussi de faire une transat. Il sera sur un bateau accompagnateur. J’aurai contribué à cela aussi. »

Une thérapie de groupe en somme…

 

 

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