Les concurrents
CHAMPION François
POGOMAN
Voiles N° : 228
Construction : 1998
Architecte : Rolland
Né le : 8 Janvier 1978 - Célibataire
Nationalité : Française
Profession : Enseignant
Site web : http://defiminitransat6.50.free.fr
François Champion, un Lorrain à la mer
Certes, pourquoi faudrait-il être né en bord de mer pour aimer la voile, le large, La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 ? Aucun critère sérieux ne le démontre. Cependant, voir un pur Lorrain au départ de la plus délicate et la plus longue transatlantique du calendrier surprend quand même. C’est en cela que François Champion (31 ans) se distingue des autres concurrents.
A l’âge ou les petits bretons sont déjà fatigués de tirer des bords sur des 420, François, lui, découvre la voile sur les lacs et les cours d’eau de sa région : « J’ai commencé à 13 ans » dévoile-t-il. Mais le virus le prend et ne le lâchera pas. Il dispute des compétitions de laser. Petit à petit l’envie d’aller plus loin s’est immiscée dans son esprit. Il passe son monitorat de voile. Pourtant il ironise : « J’ai bien conscience d’être un peu un extra-terrestre dans ce milieu. »
Qu’importe. Il aime. Il en fera. Et pour se lancer vraiment dans l’aventure, la vraie celle du large, voilà cinq ans, ce professeur en électrotechnique demande sa mutation. Il quitte sa Lorraine natale, sa famille, ses amis pour atterrir au Havre « pour faire ce que j’avais dans le ventre ». Il économise sous après sous avec l’idée de s’acheter un mini et de s’aligner au départ de La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50.
En 2005, il s’offre un vieux plan Rolland de 1999 : « Il a terminé dernier de l'édition 2001, rappelle-t-il mais il est l’un des plus confortables. » François investit 40.000 euros de ses propres deniers pour sa monture et les à cotés. Il apprend la météo. Travaille l’alimentation et court après sa qualification.
Il découvre les dangers de la mer lors des Sables-Les Açores. Il serre les dents dans la tempête, fait le dos rond et passe les trois dépressions successives. De retour aux Sables il se classe 10e. La Transgascogne, le Mini Pavois, entre autres, sont là pour parfaire l’apprentissage du « prof » du Lycée Schuman du Havre.
Le bizuth a bien grandi ces quatre dernières années. Lui qui avoue « au départ j’avais peur d’aller à Cherbourg » reconnait que désormais, même traverser l’Atlantique sur cette coquille de noix ne lui procure aucune angoisse : « Mon problème c’est de savoir comment ramener mon bateau en France, dit-il. Sinon, jusqu’à Madère lors de la première étape nous aurons des conditions d’été. Ensuite, sur la route de Salvador, il y aura le Pot au Noir à passer. Mais là, personne ne sait vraiment comment il sera et comment il faudra le négocier. C’est une zone trouble. Je ne connais pas. C’est ma première transat. Je verrai le moment venu.»
Cependant, il ne cache pas que s’il ne nourrit aucune ambition au classement général, il espère (quand même) faire aussi bien que dans les Açores : « Une dixième place m’irait parfaitement. »
S’il sera seul en mer, il sait aussi qu’il sera suivi à la trace par ses élèves de 1ere S Bio. « Nous avons abordé en classe les problèmes que je pourrai rencontrer. Certains se sont vraiment piqués au jeu. C’est sympa. »
Reste maintenant à connaître Salvador de Bahia et sa fameuse Caïpirhina. Pas le plus mauvais côté de ce long voyage…
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