Le parcours

Golfe de Gascogne, descente le long des côtes portugaises, approche de l’archipel de Madère, traversée de l’archipel des Canaries et de celui du Cap-Vert, approche du Pot au Noir, maîtrise des grains et des calmes équatoriens puis navigation dans les alizés de sud-est... La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 n’est pas qu’un long sprint dans les alizés de l’Atlantique Nord, mais bien un savant cocktail de conditions météorologiques. Avant-goût...

Golfe de Gascogne...

Le traverser, soit « dégolfer » comme l’on dit dans le jargon, n’est jamais chose aisée. Si les coups de vent d’ouest/sud-ouest mi-septembre sur la façade Atlantique ne sont pas monnaie courante et sont moins fréquents qu’en hiver, il est impossible de les exclure. Donc, qu’on se le dise : haute variabilité des conditions météo à cette période de l’année pour les 400 premiers milles de course. Mais il reste que doubler le cap Finisterre (pointe nord-ouest de la péninsule Ibérique) est toujours une expérience. Plateau continental qui remonte générant une mer pouvant être forte, rail des cargos qui affleure la côte, hauteur de la terre qui perturbe les flux d’air, le cap espagnol est une marque de passage importante.

Portugal, Canaries, Cap-Vert…

Le vent de nord doit logiquement être au rendez-vous le long des côtes du Portugal. On sort les grandes voiles d’avant et l’on essaye de gagner à pleine vitesse dans le sud. Faut-il glisser près des côtes ou légèrement décalé au large ? A chacun son choix sachant qu’ici il faut gérer le sommeil, la fatigue du bateau et la vitesse. Il faut aussi éviter de planter violemment l’étrave dans la houle sous peine de casse du matériel, comme de partir en vrac, spi dans l’eau, bateau couché. Petite zone de transition ensuite pour récupérer les alizés de nord-est. Faut-il aussi aller jouer près des côtes africaines ou très au large ? A chacun son avis sachant que l’alizé peut avoir quelques nœuds de plus à quelques milles près… Choix cornélien d’autant que l’atterrissage sur Madère, n’est pas évident, surtout si l’on arrive de nuit. Des Canaries jusqu’au Cap-Vert puis jusqu’aux prémices du Pot au Noir, c’est logiquement une grande glissade dans les alizés de nord-est. Attention à cet alizé qui peut grimper dans les tours et afficher un bon Force 6. Gestion du matériel et du dévent des îles lorsque l’on traverse les archipels canarien puis capverdien. Faut-il les traverser ou soigneusement les contourner ? Attention aussi entre le Cap-Vert et le Pot au Noir où des perturbations tropicales peuvent s’installer avec grains orageux au rendez-vous.

Le Pot au Noir…

Cette zone de transition entre les alizés de l’hémisphère Nord et ceux de l’hémisphère Sud est un véritable pot pourri de conditions météo. Comment trouver concentré sur quelques milles de largeur un panel complet de situations de navigation ? En allant traverser la Zone de Convergence Intertropicale ! Calmes stressants avec observation du ciel et du plan d’eau sous un soleil de plomb pour seule occupation ou bien gestion en catastrophe d’un grain avec des hectolitres d’eau qui tombent du ciel et un vent tournant en s’installant à 40 nœuds : tout est possible ! Nerfs mis à vif et réactivité sollicitée sont le lot quotidien des solitaires, sachant qu’un bon passage du Pot au Noir peut faire se gagner ou se perdre une course.

Alizés de sud-est et Salvador de Bahia…

Il faut ensuite récupérer les alizés de sud-est qui s’installent progressivement dès la sortie du Pot au Noir. Zone de transition à gérer où les réglages sont aussi omniprésents. Car le but de la manœuvre est simple : plus on glisse vers le sud-ouest, plus on touche des vents réguliers et plus on gagne sur la route. Il faut aller vite, le vent vient de la gauche, les bateaux puissants sortent ici leur épingle du jeu et gagnent rapidement des milles dans la bonne direction. L’atterrissage ensuite sur les côtes brésiliennes n’est pas de tout repos… Vent perturbé, bancs de sable piégeux, pêcheurs nombreux et filets mal signalés, la délivrance ne se fait qu’en vue de la ligne d’arrivée dans la Baie de tous les Saints.

Les infos à retenir

Parcours : La Charente-Maritime (France) / Funchal (Iles de Madère-Portugal) / Salvador de Bahia (Brésil)
Nombre de milles à parcourir : 1 100 milles entre la Charente-Maritime et Funchal et 3 100 milles entre Funchal et Salvador de Bahia soit 4 200 milles au total. La Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50 est la plus grande distance à parcourir dans l'histoire de cette course.
Nombre de kilomètres : 7 800 km
Date départ de La Charente-Maritime : dimanche 13 septembre 2009
ETA arrivée à Funchal (Ile de Madère) : vendredi 18 septembre 2009
Date départ de Funchal (Ile de Madère) : samedi 3 octobre 2009
ETA arrivée à Salvador de Bahia (Brésil) : mardi 20 octobre 2009

Temps forts première partie : Traversée du golfe de Gascogne ; Descente le long des côtes du Portugal ; Approche de l'archipel de Madère et atterrissage au large de Funchal.

Temps forts deuxième partie : Descente vers les Canaries puis les îles du Cap-Vert dans les alizés de nord-est ; Approche des archipels Canarien et Capverdien ; Entrée dans le Pot au Noir ; Négociation de la ZCIT (Zone de Convergence Intertropicale) ; Traversée de l'équateur ; Entrée dans le système des alizés de sud-est côté hémisphère Sud et approche de Salvador de Bahia.

 

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