17.10.09 - 12:00
Arnaud Vasseur: Pourquoi faut-on ça ?
Coup de zoom sur ... Arnaud Vasseur n’est pas un philosophe égaré sur les pontons. Ce qui ne l’empêche pas de se poser des questions. Et notamment celle ci : « Pourquoi fait-on ça ? » « Ca » c’est la Charente-Maritime/BahiaTransat 6,50. Ce sont ces 4200 milles à travers l’Atlantique, sur des coquilles de noix de 6,50m, sans contact durant près d’un mois avec le monde extérieur.
« Ca » ce sont ces centaines d’heures à travailler sur un mini pour le rendre plus compétitif. Ce sont ces milliers d’euros personnels engloutis, faute de sponsor digne de ce nom.
« Si j’y vais c’est pour obtenir des réponses, sinon je ne saurai jamais » explique Vasseur (28 ans) qui découvrit la transat 6,50 dans des magazines spécialisés dès son plus jeune âge. A 15 ans, il voulait même s’en offrir déjà un. Présomptueux, sans doute le gamin, mais drôlement motivé. Car, jamais il n’oubliera cette classe, ces petits monocoques où tant de champions ont fait leurs premières armes.
Et même si Arnaud, comme préparateur technique, va s’occuper, à 20 ans, des grands et prestigieux 60 pieds multicoques que sont Roxy, Uunet, Gitana, Bonduelle, Sopra ou encore Tacchini, son esprit ne se détournera jamais des minis : « Plus je naviguais sur ces gros monstres et plus je me disais qu’il me fallait tenter l’aventure de la Transat 6,50 » confie-t-il.
Trois convoyages au retour de la Route du Rhum et de la Jacques Vabre finissent de le convaincre. Il ira, là bas, au grand large, en solo. Il en a assez des Tours de France, des régates côtières. Et s’il commence comme équipier de Thomas Ruyant en 2006, il lui rachète son bateau l’an dernier. Sa deuxième place dans la terrible course Les Sables-les Açores-Les Sables en 2008 avec son peloton décimé par une tempête venue d’ailleurs, lui ouvre des perspectives intéressantes.
Ce qu’il n’avait pu faire à 15 ans, il le fait donc à 27. Son mini a des milliers de milles sous l’étrave. Il a déjà trois transats à son actif avec à la barre, Brian Thompson en 2001, Jonathan McKee en 2003 et Thomas Ruyant en 2007.
« Il n’est plus tout jeune, dit-il. Il date de 2000. C’est un plan Rogers, un architecte anglais. En fibre de carbone, avec quille pendulaire avec mouvement latéral mais qui glisse aussi longitudinalement pour équilibrer le bateau. La dérive se balance aussi latéralement pour garder le foil vertical. Ca doit donner plus de vitesse. »
Ce ne fut pas suffisant lors de la première étape qu’il termina en 18e position à Funchal. Il est vrai qu’Arnaud connu une multitudes de petits problèmes qui lui ont rendu la vie bien compliquée : « J’ai toujours eu la boîte à outils à portée de mains » plaisantait-il à Madère.
Actuellement, en plein Pot au Noir, il pointe également au 18e rang, après avoir été bien plus loin au passage des Canaries. Et puis Vasseur croit en son étoile. Il plaisante : « Je connais mon bateau. Lui, connait le chemin jusqu’à Salvador de Bahia. »
Et de conclure : « Si j’entre dans les 10 je serai vraiment heureux. Dans les 15, je dirai pas mal. Au-delà, ce sera une déception. »
Déçu, car Arnaud n’en fait pas mystère. « Si je réussis quelque chose de bien, peut-être s’agira-t-il du début d’une carrière de skipper. »
Son rêve… Réponse dans une grosse semaine.
jp/gpo