10.10.09 - 16:00
Amaury François a toujours de l'espoir
Coup de zoom sur ... Il est le premier à en plaisanter. A la question de savoir s’il est marin à temps plein, il rigole : « Non ! Je suis opticien. J’ai un vrai métier. » Mais aussi une vraie passion et en ce moment la passion a largement pris le pas sur le métier.
Photo du large : Amaury François - Bateau accompagnateur Pen Ar Clos 2
S’il a commencé, chez lui dans le « Ch’Nord », par la croisière et un peu de dériveur, il régate depuis 2003. A 21 ans. Cependant, déjà, dans un coin de sa tête est inscrit « Mini et mini transat ».
En 2007, il craque pour un Pogo 2. Il l’achète brut mais fait très peu de modifications « C’est un bateau simple qui me convient. » Il est mis à l’eau, huit jours avant le départ de la Charente-Maritime/BahiaTransat 6,50. Il apprend à le connaître entre Boulogne et La Rochelle où il vient humer l’air de ce qui sera un peu plus tard, le sien aussi.
Amaury a la chance de trouver un sponsor le Groupe Qualitel pour un projet sur deux ans : « Je ne leur ai pas vendu un résultat, mais une aventure. » Et l’aventure commence vraiment en 2008 quand il s’aligne au départ des épreuves de la classe.
Il enchaîne la Pornichet Sélect (7e), Port – Médoc (3e) la Mini Fasnet (20e) avant, au début de cette saison, de monter sur le podium de la Pornichet Sélect (3e) « Ca a validé pas mal de choses et ça donne confiance. »
Une confiance un peu ébranlée après une tentative avortée de qualification en décembre dernier («J’ai passé le réveillon en mer pour rien ») avant de réussir en avril au terme de sept jours de solitaire.
Ne pensez cependant pas qu’Amaury se soit soudain transformé en grand marin. Il l’avoue d’une manière détournée : « Je préfère le solitaire. En double, je manque de confiance et c’est moi qui deviens l’équipier. »
Aujourd’hui, le voilà devant une montagne qui lui tarde de gravir. Il se souvient cependant : « L’an dernier j’étais un peu inquiet à l’idée de partir ainsi traverser l’Atlantique en solo. Je trouvais que le temps passait de plus en plus vite. Et puis, au fil du temps, j’étais impatient de partir. » C’est sa mère qui a repris le flambeau de la crainte : « Elle est tendue » concède-t-il discrètement. Elle était là à La Rochelle. Avec le papa et les frangins.
Qu’espérait-il de ce défi qui pouvait paraître, voilà seulement deux ans, irréalisable voire irréaliste ? « Je veux faire du spi. Prendre un maximum de plaisir. J’ai parcouru 10.000 milles avec mon mini. Je le connais. Il me connait. Ce sera une découverte. Un test qui me permettra de savoir si je suis capable de le faire. »
Et qu’aurait-il vraiment fait, si la première étape ne s’était pas révélée un calvaire en raison de la plus pernicieuse des avaries : safran cassé : « J’étais 7e quand il a pété. J’ai fait le mis à la cape, pendant 6 heures, que j’ai interverti mes safrans, j’ai compris ce qu’était vraiment le solitaire.»
Heureusement, il n’a pas mis son envie à exécution. Il a terminé 41e à Funchal. Sans importance. Au départ du second acte, il était toujours aussi décidé : « Je veux faire mieux. Ce ne sera pas dur. En, fait, je n’ai pas renoncé à terminer dans les 10. »
Son début de course peut lui en donner l’espoir. Hier soir, en vue des Iles du Cap Vert, il pointait en 13 position.
jp/gpo
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