21.09.09 - 10:00

Daniela Klein la plus italienne des allemandes

Chaque jour un coup de zoom sur... Aujourdhui, sur l'une des six filles engagées dans cette Charente-Maritime/Bahia Transat 6,50, l'Italo-Allemande Daniela Klein. Elle est venue pour vivre une aventure. Elle doit être ravie.  Vingt-deuxième sur son Pogo 2, 538 Tacchificio Monti, elle tient son rang.

Daniela Klein sur son Pogo 2 - Pierrick Garenne / GPO

Elle a un passeport allemand, mais elle est née en Italie. Vit en Italie. Ses frères sont italiens. Alors ? Allemando-Italienne ? Italo-allemande ? Qu’importe après tout. Une certitude, Daniela Klein est une « voileuse ». Elle a toujours baigné dans ce monde.
Daniela a commencé toute gamine, par le windsurf. Normal, direz-vous, sa mère dirigeait une entreprise italienne d’importation et de commercialisation de windsurf. Et la fi-fille, heureuse et fière, de préciser : « Ce furent les premiers windsurfs commercialisés en Italie. »
Cependant, le wind, c’est bien, c’est sympa mais ça reste limité, surtout quand on a des idées d’évasion grand format. Des idées inculquées par un ami. C’est par lui que Daniela Klein prend goût à la course au large. Elle participe à un stage et rencontre à cette occasion plusieurs ministes. Or, il est une évidence, il n’y a pas meilleur ambassadeur pour parler des minis… que des ministes.
Klein succombe, comme tant d’autres, à l’attrait de cette classe à nulle autre pareille. Ambiance, budget et transat en point de mire : « En 2007, j’ai craqué pour un Pogo 2. »
Il est presque neuf. C’est un plan Finot de 2005 qui a connu deux skippers en quelques mois Chieffi (3e de la Regata dei Catecei) et Pantuso (13e de la Mini Med). Daniela va lui donner une impulsion nouvelle. En 2007, elle remporte la Mini Lion, termine 2e de la Mini Max et du Gran Preimio Italia. En 2008, elle réussit sa qualification en juillet avant d’enchaîner avec une 10e place dans Marseille-Alger-Marseille et une 4e place dans la Gran Preimio Italia.
Des résultats encourageants qui ne la rendent cependant pas euphorique. Loin s’en faut. Durant sa qualif, elle est restée dix jours en mer. Le fait de devoir le faire un peu plus de deux fois entre Madère et Bahia, lui inspire cette réflexion posée :
« J’aime le solitaire. En mer, je ne crains pas la solitude, mais peut-être que je ne me rends pas, exactement compte, de ce qui m’attends. »
Sa grande peur, en fait, est celle de pas mal de ses adversaires : « Ne pas arriver. Casser et de ne pas aller au bout de l’aventure. »
Une aventure pour laquelle elle s’est donnée à fond. Cette assistante aux programmes de formation de l’OIT (Organisation Internationale du Travail à Turin) reconnait : « Un projet comme celui là est énorme. Il faut s’y impliquer totalement. Ca vous prend la vie 24 heures par jour. Mais on apprend beaucoup. »
A-t-elle appris assez pour envisager une très belle place à Salvador de Bahia ? « Je vais surtout rechercher l’aventure, mais je n’oublie pas, qu’à la base, c’est une course. Avec un classement au bout. Je dois rester concentrée et naviguer toujours sur le mode de la régate. »
Soit. Mais encore, Daniela ? « Je crois que les 83 concurrents encore en course rêvent tous d’un podium. » Une façon détournée de dire « moi aussi. »
Et dans ce but, l’Italo-allemande a suivi cet hiver des entraînements poussés à Pornichet, chez Oceanskill avec Charles Euverte « Une organisation impeccable ». Elle s’est également soumise à des journées de formation avec Jean-Yves Bernot, « maître es météo » : « Depuis je ne regarde plus une carte météo avec les mêmes yeux » dit-elle.
Bref, Daniela Klein n’a rien laissé au hasard. Reste maintenant à amadouer l’Atlantique. Elle a réussi dans des conditions difficiles. Madère l'attend dans les prochaines heures.

jp/gpo

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