The contestants
LECUNA Jerôme
I feel good
Voiles N° : 468
Administration : 2003
Architect : Finot Pogo
Né le : 25 Avril 1974 - Célibataire
Nationality : Française
Occupation : Gréeur
Jérôme Lecuna a connu plus difficile
« Moi, quand je navigue, je n’emporte que du lyophilisé mais toujours avec une bouteille d’huile d’olive. » Vous l’aurez compris, Jêrome Lecuna est méridional. De Marseille plus précisément. Mais, son arrivée dans la voile, n’a pas suivi un chemin rectiligne. A cela une explication simple, ses parents n’étaient pas marins pour deux sous.
Cependant, Jêrome aime ça. Adolescent, il se présente à l’association « Baleine Blanche ». Candidature refusée : « Je me suis dis, tant pis j’y arriverai par une autre voie. J’en ai fait un objectif. »
Pas d’école de voile non plus, pour Lecuna. Mais il navigue sur des 470, des First class 8, puis il passe aux régates sur habitables et arrive enfin aux Glénan : « Je désirais un petit bateau, bien à moi, avec un petit budget pour pouvoir naviguer. »
Jérôme avance doucement entre passion et études. A 18 ans, il bosse comme charpentier de marine. Aujourd’hui, à 35 ans, il travaille pour une entreprise internationale aux chantiers de La Ciotat, qui construit de gros mâts en carbone. Mais depuis l’âge de 20 ans, il a réussi son pari. Il navigue.
Très vite d’ailleurs, il va être comblé au-delà de ses espérances. Car, Jérôme se lance dans un truc de fou. Sur un bateau en contre plaqué de 7 mètres, il va vivre une aventure en solitaire hors normes : Cassis-Cassis. Plaisanterie, penserez-vous. Oui, sauf qu’entre le départ et l’arrivée, Jêrome double le détroit de Gibraltar (« Et en novembre il est difficile de sortir de la Méditerranée »), descend jusqu’au Cap Vert, traverse l’Atlantique, arrive aux Antilles Françaises, remonte aux Bermudes et rentre au pays : « Le tout sans moteur et sans GPS. Moralité, la Transat 6,50 ne m’inquiète guère. J’ai vécu beaucoup plus dur, beaucoup plus long. »
On veut bien le croire. Cependant, s’il fait encore pas mal de convoyages, s’il passe trois mois en solitaire dans des navigations hivernales en Méditerranée, la compétition lui manque. Et en 2008, Jérôme Lecuna achète un Pogo 2 un plan Finot de 2003 qui a déjà une transat dans les voiles (Bruno Sottovia 18e en 2005) qu’il rachète au Tchèque Daniel Vodicka.
Jérôme commence par l’Open Demi Clé, puis le MAP : « Je suis toujours classé en fin du premier paquet, sauf dans les Sables – Les Açores, là j’ai pris une bonne 5e place. »
De quoi lui donner un coup de fouet et un bon moral avant la traversée qui l’attend : « Je veux faire une belle course et arriver à Bahia en étant content de moi. Je ne veux avoir aucun regret, donc je dois éviter la grosse bêtise qui peut tout compromettre. En fait, ma seule angoisse, c’est la casse. »
Le skipper n’a pas d’autre inquiétude. Le bateau est (presque) prêt. Cet hiver il a subi un gros chantier. Il ne demande plus qu’à partir :
« Je veux vivre les trois derniers jours à La Rochelle, totalement tranquilles. Ne plus penser à rien. Il faut que tout soit en place. Je ne veux pas être encore à bidouiller à quelques heures du départ. »
Il sera alors temps d’emmagasiner des forces pour un mois de galère et de se pencher sur les ultimes données météos. Mais ça c’est une autre histoire.
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