The contestants

LAGRANGE Jean-Christophe

LAGRANGE Jean-Christophe ZOUKATI

ZOUKATI

Voiles N° : 676

Administration : 2007

Architect : Manuard Tip-Top

Né le : 31 Juillet 1970 -

Nationality : Française

Occupation : Enseignant

Website : http://zoukati.free.fr

Jean-Christophe Lagrange, le redoublant

 « Moi, je redouble ! » Comment Jean-Christophe Lagrange pouvait-il annoncer autrement que par cette pirouette, qu’il allait disputer sa seconde transat 6,50 ? Lui, le professeur de physique à Vénissieux dans le Rhône.  D’autant qu’il n’était pas satisfait de sa première copie.

« En 2005, j’ai raté la première étape en raison de problèmes électriques. J’ai terminé dernier sur mon Pogo 1. Dans la seconde, j’ai été à ma place : 19e. J’ai découvert le grand large et je m’étais promis de revenir. »

Il s’est surtout rendu compte que son Pogo 1 était dépassé. Il le revend donc et achète en 2006 un Tip Top, un plan de Samuel Manuard. Un Pogo 2 : « Sam est toujours là quand j’ai besoin d’un conseil. Il est même venu naviguer avec moi. »

Il aurait pu dire « quand nous avons besoin… » car, ils sont quelques « Méditerranéens » à s’entraîner ainsi de concert. Basés à Palavas en Hérault, ils s’entraident, courent le plus souvent possible ensemble, se donnent des conseils. Ils ont aussi un « prof » de qualité en la personne de Kito De Pavant. Moralité, les résultats suivent.

Ainsi Jean-Christophe a terminé 3e du Grand Prix d’Italie (2008), 4e de la Mini Empuries et de la Course des Trois Continents (2009). Petit à petit Lagrange s’est imposé chez les « ministes », lui l’homme des terres. On l’aurait, en effet, plus aisément vu sur des skis étant donné la proximité de la montagne, de son lyonnais natal, mais il explique : « Le ski ce n’est pas mon truc, bien qu’en février je me suis entraîné en ski de fond et ski de piste. »

Car, Jean-Christophe sait ce qui l’attend dans le mois à venir. Il sait par exemple que la solitude lui sied à merveille : « C’est ce que je vais chercher. En 2005, je suis resté huit jours sans voir personne avant le Pot au Noir, et huit jours après le Pot au Noir. Je naviguais sans pression. Tu te trouves seul face à toi-même. J’ai aimé. »

Il a moins apprécié, en revanche, cette zone infernale appelée Pot au Noir où il a croisé un bateau suiveur : « C’est une loterie. Pour mon entrée dans cet endroit bizarre, j’étais 30 minutes derrière un copain. A Bahia, il avait trois jours d’avance. C’est comme ça. Tu n’y peux rien. Que subir. C’est sur, j’ai eu les boules, mais il faut en passer par là

Ce ne sont pas ces orages violents, suivis de calmes plats, qui vont le faire renoncer. Il s’est trop investi dans ce projet pour ne pas y aller à fond. Investi de son temps, de son argent surtout. Il a, aussi, travaillé la météo. Et l’alimentation ? « Non, je mange très peu en course. En Espagne, j’ai avalé deux sandwiches en 48 heures, mais rassurez-vous, j’ai des réserves. »

Il lui en faudra pour aller jusqu’à la Baie de Tous les Saints. Mais, cela ne le trouble pas. Qu’espère-t-il donc de cette seconde transat ? « Avant tout faire une belle navigation et prendre un maximum de plaisir sur l’eau. Ensuite, aller plus vite que la dernière fois. J’ai eu souvent tendance à lever le pied. Là, je me connais mieux, je connais le bateau, je vais naviguer différemment. »

Et il ne sera pas seul sur l’eau. A Venissieux, ses élèves le suivront au plus près. Des élèves qu’ils tentent d’amener à la voile,  sur les lacs environnants : « Comme moi à leur âge » conclue-t-il.

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